Daniel-Lesueur (1854-1921), femme de lettres

La vie de Daniel-Lesueur

 

Vous trouverez dans cette partie tous les articles qui présentent Daniel-Lesueur (sa vie, ses œuvres et les réactions de ses contemporains).

 

Le choix d’un pseudonyme masculin (et sa graphie)

Le choix de son pseudonyme, imposé par l’éditeur de ses deux seuls premiers romans, Calmann-Lévy, lui vient d’un de ses ancêtres maternels Daniel O’Connell et du nom de jeune fille de sa mère Marie-Henriette Lesueur. Elle a reconnu que le choix avait été fait dans la précipitation et qu’elle ne l’aimait pas ; elle aurait préféré un nom plus court, comme celui de Loti qu’elle admirait ; toutefois, elle n’en changea pas (ou si peu), disant en 1912 : « Aujourd’hui j’ajoute un trait d’union, pour décourager les gens de m’appeler Mme Lesueur, ce qui est laid et inexact. Car je suis Mme Lapauze, et en littérature Daniel-Lesueur, mais jamais Mme Lesueur. »

 

Une première appréciation de l’Académie française

Daniel-Lesueur publia en 1882 ses deux premiers recueils : un roman chez Calmann-Levy et un recueil de poésies chez Alphonse Lemerre. Les deux sont couronnés par l’Académie française : lors de la remise officielle du prix Montyon fin 1883, Camille Doucet, secrétaire perpétuel, avait indiqué les raisons du choix de l’Institution.

« Sous ces titres Le Mariage de Gabrielle et Fleurs d’avril, Mlle Jeanne Loiseau nous avait présenté deux volumes, l’un en vers, l’autre en prose, et tous deux ont fixé l’attention bienveillante de l’Académie. Les vers recommandent la prose ; la prose recommande les vers, et l’auteur de ce double travail se recommande aussi personnellement par un grand courage, une rare intelligence et un vrai talent à son aurore. À vingt ans, elle a déjà souffert ; aussi compare-t-elle tristement ses vers aux fleurs d’avril qui osent naître dans la pluie et les frissons :

Mes vers n’ont pas d’autre grâce.
Avril capricieux passe,
Il faut en cueillir les fleurs.

Mon printemps d’azur et d’ombre,
Dans ce livre, miroir sombre.
Met son sourire et ses pleurs
. »

Recueil des discours, rapports et pièces diverses lus dans les séances publiques et particulières de l’Académie française, vol. 1, sur les concours de l’année 1883, p. 902-903.

 

Discours et hommages (extraits)

À l’occasion des obsèques de Daniel-Lesueur (5 janvier 1921), des discours furent prononcés et un hommage fut écrit par un ancien président de la Société des Gens de Lettres.
En voici quelques extraits :

Il est facile de trouver dans l’existence si brillante de ces dernières années des sujets de louange et d’admiration. Mais la vie de Mme Daniel-Lesueur ne fut pas toujours aussi facile : les grands cœurs ont toujours souffert de quelque façon. Elle aussi a connu les difficultés et les épreuves ; dès sa première jeunesse, la lutte a formé son énergie et trempé son caractère […] Elle était optimiste, parce qu’elle avait foi dans la bonté, dans les progrès.

— Docteur Louis Guinon (1860-1928), médecin en chef des hôpitaux de Paris, chirurgien et gendre de l’éditeur Alphonse Lemerre.

 

Elle pensait et faisait penser ; surtout, elle voulait et faisait vouloir.
Elle avait l’énergie contagieuse, et le génie de l’altruisme. Elle ralliait autour d’elle les bonnes intentions qui cherchent et les dirigeait vers le but pratique. Par la magie de sa persuasion, elle faisait jaillir de l’or, pour doter celles qui souffrent et qui, par respect pour un mort, se cachent d’avoir faim et froid. Elle fonda le Denier des Veuves […] notre chef-d’œuvre.

— Edmond Haraucourt, président de la Société des Gens de Lettres, discours lors des obsèques de Daniel-Lesueur, 5 janvier 1921.

 

C’est un grand cœur qui cesse de battre. C’est une belle intelligence qui s’éteint. C’est une grande force d’enthousiasme et d’action qui disparaît. Nous qui si souvent l’avons vue faire le bien avec tant de clairvoyance et un si noble contentement de se dévouer, nous ne pouvons mieux lui rendre hommage qu’en disant l’impression de vide, de silence, de froid, que sa soudaine disparition cause dans tous les milieux où son ingénieuse bonté avait le moyen d’agir.

— Georges Lecomte (1867-1958), ancien président de la Société des Gens de Lettres lorsque Daniel-Lesueur, vice-présidente, créa le Denier des Veuves.

 


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